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Les Travaux du GIS

 

 

CONFÉRENCE-DÉBAT


LES POUVOIRS DU SACRÉ :
PRENDRE CONGÉ DE LA THÉORIE DE LA SÉCULARISATION ?


HANS JOAS, JOAN STAVO-DEBAUGE ET JEAN-MARC TÉTAZ

PRÉSIDENCE : PIERRE GISEL


LUNDI 23 MARS 2020, 19H-21H
Centre culturel des Terreaux - Rue des Terreaux 14 - 1003 Lausanne

            

 

 

Dans Les pouvoirs du sacré. Une alternative au récit du désenchantement, dont la traduction paraît au Seuil, Hans Joas bâtit une théorie combinant des approches historiques, sociologiques et psychologiques autour de la symbolisation du sacré. Il y montre les difficultés que pose le « grand récit » du désenchantement et souligne que le succès de ce récit est lié à une conception de la modernité comme produit d’évolutions unilinéaires. Il suggère de le remplacer par une histoire différenciée des sacralisations et désacralisations, un processus dans lequel l’avènement de la transcendance joue un rôle central. Il rouvre la question des rapports entre sacré et pouvoirs et propose de nouvelles perspectives pour comprendre tant la persistance que les transformations du sacré dans le monde contemporain.

La soirée est articulée à un colloque de l’Unil les 25 et 26 mars 2020, Le sacré entre pouvoir et désenchantement : quand Joas désenchante Weber, organisé par Ph. Gonzalez et J. Ehrenfreund, et en prolonge un autre, Le sacré en questions. Sacralisation ou désenchantement ? organisé à Paris les 19-20 mars par Sciences-Po, le Centre Sèvres (jésuite), l’École Normale Supérieure, ainsi que le Fonds Ricœur.

 

 

Hans Joas est sociologue et professeur des Universités de Berlin et Chicago. Son travail fait dialoguer les sciences sociales et la philosophie. Encore peu connu en francophonie, il commence à y être discuté et va finir par s’imposer comme une référence incontournable. Ont déjà paru en français Comment la personne est devenue sacrée. Une nouvelle généalogie des droits de l’homme (Labor et Fides 2016, prix Ricoeur) et La créativité de l’agir (Cerf 1999).

Joan Stavo-Debauge est sociologue et travaille à l’Unil et à l’Epfl. Il est spécialiste de l’espace postséculier et des réaffirmations religieuses qui s’y profilent. Il a traduit et introduit le livre de John Dewey Écrits sur les religions et le naturalisme (Genève, IES, 2019).

Jean-Marc Tétaz est philosophe et théologien. Il a notamment traduit deux ouvrages de Joas :Les pouvoirs du sacré (2020) et La foi comme option. Possibilités d’avenir du christianisme (à paraître en 2020). Il est fellow au Max-Weber-Kolleg (Erfurt) et enseigne à la Faculté de théologie de l’Université de Iéna.

Pierre Gisel est professeur honoraire de l’Unil. Il a récemment publié Sortir le religieux de sa boîte noire (Labor et Fides 2019).

 

En Pj : flyer de la conférence-débat

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COLLOQUE 19 & 20 MARS 2020



LE SACRÉ EN QUESTIONS
SACRALISATION OU DÉSENCHANTEMENT ?

 

 

Avec Hans Joas
Professeur honoraire à l’Université Humboldt de Berlin
à l’occasion de la parution de

Les Pouvoirs du sacré

 

 

Dans Les Pouvoirs du sacré (all : Die Macht des Heiligen, Berlin, 2017), Hans Joas esquisse une théorie complexe du sacré.

Les trois premiers chapitres proposent trois approches disciplinaires (histoire, psychologie et sociologie) dont le point de fuite commun est formé par la question de la symbolisation du sacré.

Cette question constitue le premier axe du livre. La discussion serrée de Max Weber constitue le deuxième axe du livre (chapitres IV et VI) ; Joas y montre d’une part les difficultés que pose le « grand récit » wébérien du « désenchantement », pris trop souvent encore pour argent comptant, et le compare avec l’approche d’Ernst Troeltsch ; il souligne d’autre part combien la fortune de ce récit est indexée sur une vision de la modernité faisant de cette dernière le produit d’évolutions unilinéaires (différenciation, rationalisation, modernisation) censées expliquer les changements sociaux observés à l’époque contemporaine.

Cette histoire du « désenchantement », Joas suggère de la remplacer par une histoire des processus de sacralisation et de désacralisation, dont leur matrice fondatrice se trouverait dans l’avènement de la transcendance durant la « période axiale » (Karl Jaspers, cf. chapitre V). C’est

le troisième axe du livre. Une telle approche permet de reprendre à nouveaux frais la question des rapports entre le sacré et le pouvoir (chapitre VII).

Apparaissent alors en filigrane les contours d’une théorie du sacré qui croise sociologie et psychologie, herméneutique et sciences politiques, et propose de nouvelles perspectives afin de mieux appréhender la persistance du sacré dans le monde contemporain, voire même son regain de vitalité. Les Pouvoirs du sacré et les questions d’ampleur qu’il soulève seront au centre du colloque organisé les 19 et 20 mars 2020, en présence et à propos de Hans Joas.

 

Lieux du colloque

Jeudi 19 mars 2020
9.30-17.20 :  CEVIPOF, 98, rue de l’Université, Paris 7e, salle Lavau
19.00-20.30 :  Fonds Ricœur/Institut protestant de théologie, 83, bd Arago, Paris 14e

Vendredi 20 mars 2020
9.15-17.30 : Centre Sèvres – Facultés jésuites de Paris, 35bis, rue de Sèvres, Paris 6e, salle
Certeau

 

Comité scientifique
Marc Boss, Alexandre Escudier, Pierre Gisel, Jean-Marc Tétaz, Alain Thomasset


Institutions partenaires
CEVIPOF, 98, rue de l’Université, Paris 7e
Centre Sèvres - Facultés jésuites de Paris, 35bis, rue de Sèvres, Paris 6e
Archives Husserl - Pays germaniques UMR 8547 CNRS/ Ecole Normale Supérieure, 45, rue d’Ulm, Paris 5e
Fonds Ricœur, Institut protestant de théologie, 83, bd Arago, Paris 14e

 

programme détaillé en PJ

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image Lahouari

La crise du discours religieux musulman

Le nécessaire passage de Platon à Kant

LAHOUARI Addi

le discours religieux musulman est pris dans une fièvre idéologique depuis au moins deux siècles, réagissant avec une violence verbale aux évolutions sociales, ce qui atteste d'une crise culturelle profonde. la domination européenne a révélé la crise, mais elle n’en est pas la cause. celle-ci est à rechercher dans l’histoire intellectuelle de la culture religieuse au cours de laquelle l’orthodoxie officielle avait interdit la philosophie comme activité intellectuelle autonome. le rapport de l’islam à la philosophie est complexe, dans la mesure où 'ilm al kalam (l’étude de la parole de dieu) est une philosophie religieuse ou théologie philosophique. c’est une riche construction intellectuelle qui a eu une influence structurante sur les représentations culturelles à travers lesquelles les croyants percevaient le monde et distinguaient le bien et le mal. ces représentations sont encore actives dans la mémoire collective bien qu’elles subissent des changements à la suite des transformations sociales des deux derniers siècles. elles donnent un sens à l’existence dans la mesure où elles enseignent ce qui est moral et ce qui ne l’est pas. elles indiquent ce que doit être l’ordre symbolique en donnant à chacun le sentiment d’être en conformité avec la raison, la nature et dieu.

Lahouari Addi est professeur émérite de sociologie à Sciences Po Lyon et Visiting Scholar à Georgetown University. Son dernier ouvrage est Radical Arab Nationalism and Political Islam, Georgetown University Press, 2017.

Éditeur : Presses universitaires de Louvain

https://pul.uclouvain.be/book/?GCOI=29303100375060#h2tabtableContents

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Sous la direction de Daniel-Odon Hurel

les bénedictins image

Résumé

La communauté, l'abbé et la Règle sont les trois piliers du monachisme repris et enrichis par saint Benoît de Nursie, fondateur du Mont-Cassin au milieu du VIe siècle. Quinze siècles plus tard, des dizaines de milliers de moines et de moniales continuent à se réclamer de cette tradition et à vivre selon ces mêmes principes sur les cinq continents, qu'il s'agisse des Bénédictins, des Cisterciens, des Olivétains et de bien d'autres... Dans le monastère, tous, moines ou moniales, abbés et abbesses, sont soumis à ce petit texte, la Règle de saint Benoît. Constamment lu et relu, commenté et expliqué, puisque l'on compte plus de 1 500 éditions depuis le XVIe siècle, il forme le coeur de cet ouvrage. Chacun de ses 73 chapitres ainsi que son prologue sont analysés par des spécialistes, chercheurs et moines qui présentent ainsi l'histoire des pratiques bénédictines du vie au XXIe siècle. Quel est le rôle du supérieur ? Quelle est la forme de la prière ? Comment les moines et moniales se nourrissent-ils ? Où dorment-ils ? Comment s'habillent-ils ? Quel sens donnent-ils à leur séparation d'avec le monde ? Comment conduisent-ils la gestion économique des communautés ? Comment ont-ils appréhendé l'arrivée du téléphone puis d'Internet et des réseaux sociaux ? Comment vivent-ils la pauvreté individuelle ? Voici quelques-unes des questions auxquelles ce livre répond à travers l'étude des chapitres de la Règle. Cette Règle, véritable ADN de la vie monastique occidentale, devient ainsi accessible à un large lectorat, au-delà des seuls habitués des monastères, et cela sans doute pour la première fois depuis l'invention de l'imprimerie.

Robert Laffont, collections Bouquins 2020

Daniel-Odon Hurel est directeur de recherche au CNRS. Spécialiste de l’histoire de la tradition bénédictine, en particulier du XVIe au XIXe siècle, il est l’auteur d’une soixantaine d’articles et de plusieurs ouvrages, dont Dom Mabillon, le moine et l’historien, paru dans « Bouquins » en 2007.