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Les Travaux du GIS

John Gast, American Progress, HsT (32 × 42,5 cm), 1872, Autry Museum of the American West, Los Angeles (États-Unis)

ReLRace AppelCom 2eJEAppel à communication
pour la deuxième journée d'études
du programme ANR RelRace

Races élues

8,9,10 juin 2021
Le Mans Université

 

L’objectif de cette seconde journée d’étude du programme RelRace sera de produire une histoire comparée de la notion d’élection en religion, l’une des plus mouvantes et problématiques qui soit et pour laquelle la distance entre notions érudites et usages du sens commun est parfois considérable, et de comprendre dans quelle mesure et jusqu’à quel point elle peut constituer le socle d’une racialisation d’un groupe.

La première question à prendre en considération concerne la variété des dénominations pour « dire » une élection : « élu », « choisi », « aimé »… ainsi que les locuteurs qui expriment le choix : Dieu directement, un ange, un prophète…La seconde concerne tout à la fois les dimensions de l’élection – individuelle et collective – sa pérennité à travers la question du lignage et les éventuelles hiérarchies entre différentes formes ou origines de l’élection (« fils d’Adam » et « fils de Noé », « mu’min » et « muslim »)

Les travaux interrogeront la différence en apparence fondamentale entre religions prosélytes et non prosélytes ; l’idée de peuple élu étant plus facile à définir au sein d’une religion n’ayant pas vocation à se propager – non sans omettre que les animateurs d’une même religion peuvent promouvoir l’une ou l’autre option selon les temporalités. Ils définiront également le cadre de la mission dévolue au peuple élu. Celle-ci peut se concevoir au sein d’un peuple comme une fraction de ce dit-peuple selon des logiques individuelles (élection des saints), de lignages (traditions musulmanes sur les mérites de Shafi’i – le fondateur du maddhab chaféite – qui ne sont pas seulement liés à sa piété individuelle mais aussi à son hérédité) nobiliaires et/ou de caste (brahmanes dans l’hindouisme par ex.). Elle peut également être comprise comme une mission parmi les peuples ; l’élection conférant donc au peuple élu un rôle spécifique au sein du monde. L’objectif sera d’abord de comprendre comment se conçoit cette notion d’élection notamment dans le judaïsme et comment elle est lue et/ou récupérée dans le christianisme et dans l’islam (notion de al-jibaya min Allah).

Les biais et les circonstances particulières permettant à cette notion souvent hautement symbolique et impliquant pour celles et ceux qui y souscrivent davantage de devoirs que de droits de devenir le socle de l’affirmation d’une supériorité raciale seront ensuite étudiés. Plusieurs cas de figure pourront être abordés, dans le cadre du protestantisme (Royaume-Uni, Afrique du sud & Etats-Unis), du mormonisme, du judaïsme, du rastafarisme en particulier.

Les propositions de communication assorties d’un C.V. sont à envoyer
à Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. pour le 30 jan. 2021 au plus tard.
Elles ne devront pas excéder 500 mots.

Lien : https://relrace.hypotheses.org/relrace-a1-2je2-races-elues

* En raison du contexte sanitaire la première journée d’études du programme prévue fin janvier a été annulée et sera déplacée et accolée à cette journée.

La tradition dans le judaïsme hellénistique : Entre identité juive et culture grecque. Entretien avec Smaranda Marulescu

La tradition dans le judaïsme hellénistique : Entre identité juive et culture grecque. Entretien avec Smaranda Marulescu

Smaranda Marulescu est helléniste, ingénieure d’études à l’Institut d’histoire des représentations et des idées dans les modernités (IRHIM, ENS de Lyon). Elle travaille sur des thématiques liées au judaïsme hèllenistique, à la littérature chrétienne et aux questions de réception de l’Antiquité à l’époque moderne.

Vidéo réalisée dans le cadre du groupement d'intérêt scientifique "Religions. Pratiques, textes, pouvoirs".
Avec le concours du Laboratoire d'Histoire et Sources des Mondes Antiques - HiSoMA.
Juin 2020 - Montage et réalisation : Jeff Loch, Guillaume Bady & Philippe Martin

Voir la vidéo sur YouTube Visiter le site du laboratoire HiSoMA

Pierre Fatumbi Verger

Jérôme SOUTY

PIERRE FATUMBI VERGER

DU REGARD DÉTACHÉ À LA CONNAISSANCE INITIATIQUE

“C’est peut-être le seul homme libre que je connaisse. Et ceci explique l’étendue et la qualité de ses réussites.”

Théodore Monod, 1954, Préface à Dieux d’Afrique

Essai anthropologique ? Portrait « transculturel » ? Récit d’aventure ? Tout cela à la fois, et plus encore... Ce livre aux accents parfois biographiques consiste en une analyse détaillée de l’oeuvre artistique et scientifique de Pierre Fatumbi Verger (1902-1996).

Photographe en rupture de ban et voyageur au long cours enquête d’altérité, Verger est devenu ethnologue, botaniste, historien. À partir de 1946 et jusqu’à sa mort, il a consacré cinquante années de recherches aux cultures noires du Brésil et d’Afrique (Nigeria, Bénin), au monde transocéanique des divinités orixás et voduns. Il fut initié au candomblé à Salvador de Bahia, à la divination d’Ifá en pays yoruba (où il renaquit symboliquement sous le nom de Fatumbi), ainsi qu’à plusieurs sociétés secrètes. Homme de l’image initialement méfiant et critique envers l’écriture, il finit par rédiger des sommes ethnographiques pour montrer la richesse et la spécificité de ces cultures de l’oralité. Jérôme Souty propose aussi une réflexion plus générale sur l’originalité et la portée de l’expérience de Pierre Verger. En effet, cette « oeuvre-vie » invite à renouveler les méthodes et à reconsidérer certains enjeux de l’anthropologie : empathie, partage du savoir et restitution locale de la connaissance, initiation du chercheur et nature du « secret », critique de l’ethnocentrisme, articulation image/écriture/oralité...

La photographie autour du monde, entre art et document, fut d’abord pour Pierre Verger un moyen d’évasion et de rencontre, avant de devenir un formidable outil de recherche.

Cet ouvrage, qui compte 80 photographies choisies par l’auteur, analyse la pratique photographique de Verger sur le terrain, son usage des images dans la recherche, ainsi que le statut des images dans le candomblé.

Jérôme Souty est docteur en anthropologie sociale (EHESS Paris, 2005), chercheur, traducteur. Depuis 1994, il s’est largement consacré à l’étude des religions, cultures et patrimoines afro-brésiliens ainsi qu’à l’œuvre-vie de Pierre Verger. Il réside à Rio de Janeiro depuis 2004 et poursuit des recherches à l’interface art/anthropologie, en anthropologie urbaine, et sur la question du genre. En France, il a aussi publié Motel Brasil, Une anthropologie des love hotels (Riveneuve, 2015) et La Rencontre des cultures (Le Cavalier Bleu, 2011).

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couverture europe des superstitions plat 2

L'Europe des superstitions

 

« Je ne suis pas superstitieux : cela porte malheur. » Absurde, la boutade d’Alphonse Allais ? Pas si sûr. Il n’y a pas de définition claire et sûre de la superstition. Mais il existe une multitude de discours destinés à la détruire, la combattre et la disqualifier.

D’où cette anthologie sans égale qui, dressant l’histoire et la géographie du mot, établit un panorama complet de la culture globalisée. Qui, de la Renaissance à aujourd’hui, en passant par la Réforme, les Lumières, le Romantisme, la Belle-époque, dessine un tableau exhaustif de la modernité conquérante. Qui, de l’Europe à tous les continents, établit une recension détaillée de la confrontation des civilisations.

Une anthologie qui, entre descriptions et caricatures, critiques et injures, découvertes et préjugés, enrôle à son service Montaigne, Spinoza, Descartes, Bayle, Kant, Bergson et Nietzsche, mais aussi Luther, Goethe, Sand et Hugo, et encore les écrivains voyageurs, scientifiques ou polémistes, non sans réserver quelques surprises dont Frazer, l’anthropologue défenseur des « sauvages » et de leurs « crédulités ».

Avec, au bout du compte, une belle leçon éthique : si l’on veut aller au-devant de l’autre dans sa différence, alors faut-il se faire une raison de sa croyance.

Une somme indispensable, un plaisir de lecture.

Tous trois savants, universitaires et chercheurs, Boris Klein (Lyon-II), Philippe Martin (Lyon-II) et Sébastien Roman (ENS) ont allié leurs connaissances historiques, philosophiques et littéraires pour diriger cette anthologie critique des grands textes sur la superstition.